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J’ai appris par la presse que j’étais plus que probablement surveillée par la Sûreté de l’Etat parce que « le fait de participer à des destructions d’OGM, des invasions de sites nucléaires, des intrusions au Shape, d’approcher de près des organisations suspectes (comme Blood&Honour ou le DHKP-C), des partis extrémistes ( “Comme ce membre du PRL qui avait donné conférence au Front national voilà plusieurs années” ), cela peut susciter l’ouverture d’un dossier. Pas contre un élu, mais contre un citoyen. »
Que je sois mise sur le même plan que l’extrême droite, violente et dangereuse, m’exaspère et m’inquiète. Je ne suis, contrairement à eux, ni liberticide, ni nazi, ni violente, ni dangereuse.
J’ai effectivement participé (et je continue de le faire) à des actions pacifistes et non violentes, telles que la destruction d’OGM illégalement cultivés sur notre territoire ou les tentatives annuelles d’intrusion sur les bases de l’OTAN pour dénoncer la présence illégale d’armes nucléaires (Bomspotting) ou encore la défense de membres du DHKP-C qui avaient été abusivement emprisonnés et dont, pour un, l’Etat belge s’est rendu coupable de coalition de fonctionnaires du plus haut niveau en tentant de le livrer illégalement à la Turquie (ce qu’un juge néerlandais n’a heureusement pas permis).
Je rajoute même que je revendique également mes combats auprès des sans-papiers ou ma mobilisation contre l’arrestation abusive des membres du Secours Rouge ou mon soutien aux inculpés de Clabecq ou même encore mon combat contre les méthodes spéciales de recherche et la loi du 30 novembre 2008 dont je n’ai cessé de dénoncer les possibles dérives… dont nous pouvons avoir un aperçu aujourd’hui !
Que ma vie politique soit sous surveillance, ce n’est pas finalement cela qui serait le plus gênant. En tant que femme politique, mes combats sont publics et médiatisés. Si je voulais être anonyme, j’aurais sans doute opté pour une carrière dans le macramé… Par contre, que l’on commence à surveiller ma vie privée parce que mes opinions tenteraient à faire croire certains que je serais dangereuse vis-à-vis de l’ordre établi, cela je ne peux en aucun cas l’admettre.
Si je ne sais pas si je suis réellement surveillée par la Sûreté de l’Etat (bien que j’ai des fameux doutes vu les voix bizarres et la piètre qualité de certains de mes appels téléphoniques (Bert et Jacqueline, je vous salue)), je sais encore moins de quelle sorte de surveillance il s’agit. Savoir que je préfère la Rochefort 8 à la Saint-Feuillien (ou le contraire), que mon activité sexuelle est plus ou moins intense, que je joue régulièrement à la crapette, que mes mails sont truffés d’humour de mauvais goût, que je rencontre telle ou telle personne à tel moment, que Monsieur X m’appelle trois fois par jour, que j’ai une passion pour les petits chats, que je pars de chez moi à 8h35 tous les matins, … je ne vois pas en quoi cela améliore la sûreté de l’Etat ! Ni en quoi cela concerne quelqu’un d’autre que moi.
Pour moi, il s’agit purement et simplement d’une intimidation inadmissible. Je suis une citoyenne respectable (oui, j’ose le dire sans rire). Je n’ai commis aucun délit, ni aucun crime sauf celui de penser autrement, de se battre pour des causes essentielles qui concernent, pour la plupart, des dysfonctionnements iniques voire illégaux de notre Etat. Dans une démocratie, il me paraît impensable que la Sûreté de l’Etat puisse commettre de telles exactions en toute impunité. Je veux savoir qui est concerné par ces dossiers spéciaux et pour quel motif. Je voudrais donc que Parlement se saississe sans délai de la question… Encore faudra-t-il que les parlementaires qui sont visés par ces surveillances puissent avoir accès à ces informations…
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April 16th, 2009
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 11 Comments |
Et ce n’est pas de la probable/certaine/peut-être pas finalement démission d’Yves Leterme dont je vais vous parler…
Voilà, j’ai lu l’Insurrection qui vient. Le fameux désormais célèbre opuscule qui aurait été rédigé par le cerveau des attentats contre la SNCF (l’ultra-gauche encore comme contre le Printemps?)
(incise: vous remarquerez qu’on ne dit plus “extrême gauche” mais “ultra gauche”? )
Je vous l’avoue tout net, la principale raison était que je voulais savoir comment faire des attentats contre la SNCF. Comme ça c’est dit. (note à la sureté de l’état et aux services de renseignements français, ceci est de l’humour!)
Et ben j’ai été fortement déçue. Franchement, s’il fallait arrêter un auteur de livre subversif, je vous conseille plutôt de vous pencher sur le cas de ce Georges Orwell, un américain anglais évidemment (hein, un Homme qui parle aussi du bouquin), qui a écrit un pamphlet qui s’appelle “1984″. Beaucoup plus dangereux…
Franchement, “l’insurrection qui vient” est plus de l’ordre de la discussion de café qu’on peut avoir vous (enfin, “vous”, vous vous reconnaîtrez) et moi autour de deux ou trois Saint-Feuillien.
Y a vraiment pas de quoi casser une patte à un canard (d’ailleurs, pourquoi lui vouloir du mal à ce pauvre canard?).
Non, ce bouquin est plein de bon sens. J’avoue qu’il m’a aussi déstabilisée à un ou deux moments (notamment les passages sur l’écologie, va savoir pourquoi). Ça m’a forcée à réfléchir et à me remettre en question. Ce que je trouve toujours sain lors d’une lecture.
Mais de terrorisme, il n’en est aucunement question…
La preuve, le seul passage sur la SNCF et les TGV se trouve à la fin du livre (p.101) et consiste en une bête question :”Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique?” (et n’y répond pas). Ça se trouve en plein dans un passage sur “comment saborder le système” qui approche de très loin les différents types de sabotages sociétaux (grève du zèle, casser les machines, saboter les réseaux de la machine sociale, … bref “anéantir le néant”).
Voilà. Vu de Belgique, la menace terroriste de l’ultra-gauche française me ferait bien rire. Si elle ne me touchait pas d’aussi près…
Je vous invite d’ailleurs à rejoindre le comité de soutien belge aux inculpés de Tarnac (qui a l’air d’être sur le point d’organiser un réveillon solidaire mais auquel je ne participerai pas pour cause de fuite dans le maquis cévenol).
Sur ce, je vous laisse réfléchir à la conclusion du bouquin (oui, oui, je l’ai lu jusqu’au bout…), qui est justement nommée “Tout le pouvoir aux communes!”:
“Dans le métro, on ne trouve plus trace de l’écran de gêne qui entrave habituellement les gestes des passagers. Les inconnus se parlent, ils ne s’abordent plus. Une bande en conciliabule à l’angle d’une rue. Des rassemblements plus vastes sur les boulevards qui discutent gravement. Les assauts se répondent d’une ville à l’autre, d’un jour à l’autre. Une nouvelle caserne a été pillée puis brûlée. Les habitants d’un foyer expulsé ont cessé de tracter avec la mairie: ils l’habitent. Dans un accès de lucidité, un manager vient de refroidir, en pleine réunion, une poignée de collègues. Des fichiers contenant l’adresse personnelle de tous les policiers et gendarmes ainsi que des employés de l’administration pénitentiaire viennent de fuiter, entraînant une cague sans précédent de déménagements précipités. Dans l’ancienne épicerie-bar du village, on apporte l’excédent que l’on produit et l’on se procure ce qui nous manque. On s’y réunit aussi pour discuter de la situation générale et du matériel nécessaire pour l’atelier mécanique. La radio tient les insurgés informés du recul des forces gouvernementales. Une roquette vient d’éventrer l’enceinte de la prison de Clairvaux. Impossible de dire si c’est un mois ou des années qui se sont écoulées depuis que les “évènements” ont commencé. Le Premier Ministre a l’air bien seul avec ses appels au calme.“
(faut-il préciser que ce passage est aussi en italique dans le bouquin et révèle donc bien son caractère fictif? On ne sait jamais…)
Bref, “L’insurrection qui vient” est une lecture que je vous conseille vivement. C’est donc un bouquin signé “Le collectif invisible” et paru aux éditions “La fabrique”. Pour info, je l’ai même trouvé chez Filigranes…
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December 18th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 10 Comments |
Bien le bonjour cher-e lecteur/trice!
Tout d’abord, permets-moi de t’adresser toutes mes confuses à propos des absences répétées de ton blog préféré. L’Homme à poil est parti au Japon quelques jours et n’a malheureusement pas pensé à laisser de la nourriture de réserve à son serveur… Du coup, celui-ci s’est quelque peu énervé. Il s’est débranché une première fois pour aller faire quelques courses au Délèze. La seconde fois, il a profité de l’absence de l’Homme pour aller faire la fête en ville… Ah la la, grands enfants, grands problèmes, comme on dit…
Heureusement, Barack Obama a réglé tout ça en moins de deux et me voilà donc de retour en ligne.
Et puis, je ne sais pas si tu as vu mais, en France, ils viennent d’arrêter une bande de méchants de “l’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome“ qui ont mis des blocs de bétons sur les rails et des trucs en métal sur les cateners. Juste à temps. Parce que, comme c’est si bien dit dans l’article de liberation.fr :”Selon une source proche du dossier, la SDAT, qui avait cette mouvance dans le collimateur depuis avril pour des «dégradations», s’interroge sur «d’éventuels liens avec l’ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires».”
Tu me laisseras être dubitative hein… Le terrorisme d’extrême-gauche pendant les crises économiques, on connait… Je suppose que les enquêteurs ont déjà retourné tous les champs de salade à la recherche d’éventuels complices…
Je peux encore dire ce que je veux. Et même que je suis dubitative sur ce terrorisme d’extrême gauche qui arrive à point nommé. Ce qui n’aurait pas été le cas si j’avais été fonctionnaire de l’éducation nationale, en France toujours.
Enfin je dis ça mais j’attends avec impatience les résultats de la petite enquête que va faire pour moi la Commission sur la Protection de la Vie Privée dans les fichiers de la police…
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November 12th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 11 Comments |
Le 21 août dernier, le PS communiquait sur les sans-papiers. Sans doute parce que c’est l’été, les rédactions n’ont fait que relayer le communiqué en bon petit sol…
Communiqué du PS du 21 avril
Expulsion des 2 fillettes tchéchènes et ordre de quitter le territoire de Rothman Salazar : le PS dénonce le caractère arbitraire et inhumain des mesures prises par l’Office des étrangers
L’Office des étrangers a expulsé hier deux fillettes tchéchènes alors que leur mère se trouve à l’hôpital, et ce malgré les protestations répétées du directeur du centre d’accueil. Cette expulsion est scandaleuse et viole notamment le principe fondamental de l’unité familiale.
Ce même Office a récemment délivré un ordre de quitter le territoire à Rothman Salazar, un jeune Equatorien de 19 ans qui est en Belgique depuis 6 ans et entame des études supérieures dans notre pays.
Le PS dénonce le caractère arbitraire et inhumain des décisions relatives aux expulsions prises par l’Office des étrangers, qui illustre une fois de plus l’impérieuse nécessité d’adopter un cadre clair en la matière.
Le PS insiste pour que l’accord du gouvernement soit mis en application avec loyauté et correction dans les plus brefs délais. En attendant, pour que des drames humains soient évités, il demande un moratoire sur les expulsions.
Par ailleurs, le Groupe PS de la Chambre interpellera la Ministre de l’Immigration sur les raisons justifiant la décision d’expulser les deux fillettes en Pologne, et demandera, dès la rentrée parlementaire, une audition du directeur de l’Office des étrangers en Commission de l’Intérieur.
Ah ouais… “inhumain”, “arbitraire”, “scandaleux”, “drames humains”, … ce sont les bons mots pour qualifier la “politique migratoire” de la Belgique.
Entre parenthèses, que l’Office affirme après l’expulsion des deux filles tchétchènes qu’elle n’a fait que suivre la législation européenne donne une belle claque à tous ces progressiss’ de gauche de l’Europe qui ont martelé que la Directive retour de la honte était un grand pas en avant pour tous les pays qui n’avaient pas encore de réglementation et que, de toute façon, ça n’empêchait pas la Belgique d’aller plus loin.
En effet, la Belgique va plus loin.
Bref, pour en revenir à ce communiqué, quelle réjouissance extrême d’apprendre que le PS ne sera plus membre du Gouvernement à la prochaine rentrée parlementaire. Et abandonnera également les fonctions qu’il occupe dans les communes de Saint-Gilles, de Bruxelles-Ville, d’Ixelles, de Molenbeek,… ou partout ailleurs où les Bourgmestres signent encore les Ordes de Quitter le Territoire et envoient leur police contrôler et arrêter les gens qui ne sont pas en règle.
Ah? Ah bon?
Pourtant je lis bien que “le Groupe PS de la Chambre interpellera la Ministre de l’Immigration sur les raisons justifiant la décision d’expulser les deux fillettes en Pologne, et demandera, dès la rentrée parlementaire, une audition du directeur de l’Office des étrangers en Commission de l’Intérieur“.
J’en déduis qu’il n’est rien prévu de faire aux autres niveaux de pouvoir où le PS règne. Pouvoir exécutif, de surcroît. Qui “exécute” donc. Terme tout à fait approprié en la matière…
Communiqué de l’UDEP du 23/08/08
LE PS MENT, IL ARRÊTE ET EXPULSE QUOTIDIENNEMENT!
L’UDEP s’étonne des récentes condamnations du Ps envers l’Office des étrangers(voir texte plus bas) et appelle le Ps à joindre les actes à la parole en appliquant un moratoire sur les communes socialistes, telles que le font déjà certaines communes flamandes et 2 francophones. (1) L’UDEP rappelle que si le Ps dans son discours, réclame un moratoire à grands bruits: “En attendant, pour que des drames humains soient évités, le PS demande un moratoire sur les expulsions.”( communiqué PS – 21 août 2008), le Ps arrête quotidiennement les personnes sans papiers dans ses communes et les livre sans sourciller à l’Office des étrangers, sachant très bien les conséquences d’enfermement et d’expulsion encourus par ces personnes. (2) C’est bien sur le territoire de la commune de St-Gilles que le jeune Rothman Salazar s’est fait contrôler et c’est à Forest qu’il s’est fait mettre au cachot et livrer aux mesures ” à caractère arbitraire et inhumain prises par l’Office des étrangers.” (communiqué PS – 21 août 2008). Aussi, si le Ps veut vraiment “éviter des drames humains”(ibidem), qu’il évite dans le futur de les provoquer. L’UDEP déplore que le Ps pointe sans cesse l’Office des étrangers et non pour le défendre, mais pour éclairer nos responsables socialistes, l’UDEP leur rappelle que l’Office est une administration appliquant des lois (que le Ps a votées lors des législatures précédentes) et exécutant les ordres d’un gouvernement par l’intermédiaire et la tutelle d’une Ministre, Mme Turtelboom. Gouvernement dont le Ps fait partie et pour lequel il s’était fermement engagé à ne pas participer sans que celui ci n’effectue une opération de régularisation sur base des critères des attaches durables… Aussi, l’UDEP appelle le Ps à interpeller directement la Ministre plutôt que ses sous fifres et l’enjoint à tenir ses engagements politiques. Malgré toute l’importance que le Ps semblait y accorder (avant les élections), la situation des deux fillettes tchéchènes et du jeune Rothman entre autres, sont plus que vous ne voulez le laisser croire, aussi de votre amère et entière responsabilité.
L’UDEP (Union de défense des personnes sans papiers)
(1) Lors du dernier Cercle du silence tenu à Louvain-La-Neuve, son Bourgmestre (Ecolo) s’est engagé à ne plus signer aucun ordre d’expulsion, bientôt rejoint par son comparse d’Amay.
(2) Marie Arena s’est battue pourtant pour faire respecter les engagements du Ps, malheureusement, elle semble bien isolée sur la question dans son parti.
* Henri Dès, toujours.
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August 24th, 2008
Categories: Conseil, Police partout... | Author: cAt | Comments: 25 Comments |
… et l’inspiration (et le début de Cold Case mais ça ne se dit pas, ça), je ne résiste pas à l’envie de faire un bref petit tour du net politique.
Tout d’abord en vous recommandant un projet de carte blanche qui date d’il y a quelques semaines mais qui n’a pas trouvé preneur dans la presse bourg traditionnelle.
Et puis, si ce n’est déjà le cas, en vous recommandant la série de l’été de La Libre. Qui interroge des politicien-ne-s d’une manière disons un peu décalée.
C’est là qu’on apprend que le meilleur ami de De Wever est francophone, que Reynders lit Cédric (et sait mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle), que Chastel mange à l’écailler du Palais Royal et que Marie-Dominique Simonet lit dans les lignes de la main.
C’est chaque jour de plus en plus savoureux. Des petits détails sur leur vie privée qui, on le sent, ont été pesés à la voyelle près par leur service de presse. Ou pas. Et c’est encore meilleur…
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August 10th, 2008
Categories: Objectif nul, Police partout... | Author: cAt | Comments: 6 Comments |
* ou “Moi aussi je suis solidaire avec U2″
(oooooh Catherine…)
(oui, je sais, mais c’était plus fort que moi, fallait que je le place et ça fait une semaine que je me retiens)
(Ca change des métaphores cyclistes, quoi)
Paru aujourd’hui dans La Libre Belgique.
Et encore signable sur le site de Solidarité avec les 5 Solidaires (S5S).
La « bande » a bon dos
Un nouveau pétard mouillé pour justifier les lois liberticides
Le 5 juin, la Belgique était tirée du sommeil par une nouvelle « alerte terroriste ». Quelques personnes avaient été réveillées un peu plus tôt. A 5h, des unités « anti-terroristes » débarquaient chez Wahoub Fayoumi, Pierre Carette, Betrand Sassoye, Virgine D. (relâchée le soir même) et Constant Hormans pour les appréhender et perquisitionner chez eux. Abdallah Ibrahim Abdallah, lui aussi recherché, se rendit de lui-même au commissariat. Le 6 juin, c’était au tour de Jean-François Legros d’être interpellé.
Des arrestations sans convocation préalable, menées par des policiers cagoulés, armés et n’hésitant pas à braquer leurs armes sur des mineurs. PC, GSM et quantité de documents saisis. Ecoutes téléphoniques, surveillance des déplacements et des comptes bancaires. Des « suspects » transportés, sirènes hurlantes, visage masqué et menottes aux poings vers un lieu secret, sans possibilité de contact avec leurs proches ni avec des avocats, soumis à un régime de détention spécial… Ces méthodes laissaient entendre que de dangereux individus auraient été interceptés.
Au compte-gouttes, le Parquet fédéral divulgua des « informations » dont le relais médiatique suscita des interprétations délirantes, nourries d’amalgames, d’anachronismes, de sensationnalisme et de fantasmes. Il fût ainsi question de deux anciens membres des CCC qui n’auraient pas respecté leurs conditions de libération et auraient eu l’intention de se reformer ou de « replonger dans le terrorisme » via une organisation italienne — qui n’existe pas en tant que telle et qui n’a fait l’objet d’aucune condamnation (c’est l’hypothétique intention de créer cette organisation qui est à l’instruction en Italie). Le scénario de tous les dangers fut entretenu par les descriptions des autres personnes interpellées : deux redoutables « grands bandits » et un mystérieux « Libanais », une journaliste présentée par pure spéculation comme la compagne de Carette. Selon l’hypothèse du Parquet fédéral, des explosifs auraient été retrouvés dans la « planque » de Sassoye ; une réunion aurait rassemblé les « suspects » et des « terroristes » italiens ; la justice italienne aurait transmis des écoutes téléphoniques compromettant les militants belges ; des courriels émis par Sassoye étaient cryptés…
Mais ces « preuves » ne résistent pas à l’analyse. Et les pièces du « dossier terroriste » s’écroulent les unes après les autres…
Les CCC n’existent plus depuis 1986. Les faits et gestes de leurs ex-militants sont connus de tous, notamment de leurs agents de probation qui n’ont jamais signalé de contravention à leurs conditions de libération. Carette, mis dans le même panier que Sassoye pour créer l’amalgame « CCC », n’est en fait pas lié à l’enquête qui a suscité les arrestations. Il a d’ailleurs été libéré ce 18 juin par le tribunal d’application des peines.
Les « explosifs » trouvés lors de la perquisition à la brasserie où travaille Sassoye n’étaient que de simples feux d’artifice achetés pour une fête de mariage.
La « réunion » où certains inculpés auraient rencontré des « terroristes » italiens s’est avérée une conférence publique dans un café du centre-ville dont la vidéo a été postée par ses organisateurs sur Internet.
Les écoutes téléphoniques italiennes relatives aux militants belges semblent en réalité n’avoir jamais existé : la justice italienne a seulement transmis des comptes rendus « d’écoutes d’environnement » dans un café, où sont évoqués des « flamands efficaces » sans aucun nom cité. Aucun des arrêtés de juin n’est d’ailleurs néerlandophone.
Quant au cryptage des courriels, il s’agit d’un procédé non seulement légal, mais aussi conseillé face au piratage et pratiqué par des banques, des ONG…
Il apparaît que les données rassemblées et la surveillance intrusive effectuée pendant un an grâce aux « méthodes particulières de recherche » n’ont pas révélé un seul élément justifiant cette opération musclée. Rien, si ce n’est quatre photos d’identité retrouvées sous des salades en Italie. Rien qui légitime arrestation ou détention préventive : une simple convocation par la juge aurait suffi.
C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé la Chambre du conseil le 11 juin et la chambre des mises en accusation le 26 juin en décidant de libérer trois des quatre inculpés. Mais par l’acharnement du Parquet, qui « veut donner une chance à l’enquête » (sic), quatre personnes restent poursuivies et l’une d’entre elle (Sassoye) est toujours incarcérée. Toute ressemblance avec l’affaire DHKP-C – qui malgré les acquittements se voit repartie pour être jugée une quatrième fois – est purement fortuite…
Pour nous, la question n’est pas de se positionner par rapport aux idées défendues par ces cinq personnes. Leur organisation (Secours Rouge) développe des activités publiques et légales de solidarité avec des victimes de la répression politique. Leur démarche s’inscrit dans une optique marxiste mais, jusqu’à nouvel ordre, cela n’est pas (encore) illicite dans un Etat de droit.
Nous ne pouvons accepter la répression de ces militants en raison de leurs seules idées et sympathies, pas plus que le message adressé à la population sur leur dos. La justice n’a rien à leur reprocher, si ce n’est des « délits » d’opinion, de solidarité et d’association, institués par les lois anti-terroristes en vigueur depuis 2003, alors que la Constitution et les conventions internationales garantissent ces droits fondamentaux.
Il serait aussi trop facile de se désintéresser du sort des « cinq solidaires » sous prétexte du passé judiciaire de certains. Ils ont été jugés et la justice ne revient pas sur la chose jugée. Ressortir leur passé aujourd’hui n’a d’autre objectif que d’effrayer la population autour d’un scénario monté de toutes pièces par le Parquet fédéral.
Il faut arrêter cette nouvelle mise en scène menée au nom de la « lutte anti-terroriste ». On se rappellera que, jusqu’ici, toutes les menaces invoquées à ce titre se sont révélées inconsistantes (la dernière en date étant l’alerte de niveau 4 qui a perturbé les fêtes de fin d’année). Les premières affaires montrent que le Parquet a d’abord essayé d’asseoir la légitimité de ces dispositifs en s’attaquant à des figures supposées moins populaires : communistes, étrangers, musulmans ou anciens auteurs de faits d’armes. S’agirait-il d’inquiéter la population pour mieux pouvoir la rassurer ensuite et justifier les dispositifs non démocratiques et les budgets colossaux déployés au nom du contrôle des populations et de la guerre au terrorisme ?
Les lois anti-terroristes sont des lois d’exception, liberticides. Elles permettent de criminaliser l’opinion politique, le militantisme et la solidarité. De plus, elles sont superflues : les actes qu’elles sont censées réprimer le sont déjà par d’autres dispositions du droit pénal. Ces lois sont dangereuses et produisent des effets néfastes, actuellement bien plus que les prétendues menaces terroristes. Si nous ne réagissons pas, ce sera demain n’importe quelle organisation politique, syndicale, non gouvernementale ou altermondialiste, n’importe quel citoyen engagé ou ayant simplement parlé au cousin de la belle-sœur de l’oncle d’un suspect lointain qui pourra être surveillé, qualifié de terroriste et arrêté.
Liste des signataires :
Ligue des droits de l’homme
UDEP-Bruxelles
Mouvement International de la Réconciliation – Internationale des Résistants à la Guerre (MIR-IRG)
Manuel Abramowicz – Auteur, militant citoyen et délégué syndical CGSP-FGTB
France Arets – Porte-parole du CRACPE (Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers)
Laurent Arnauts – Avocat
Joëlle Baumerder – Directrice de La Maison du Livre
Anne Bautier - Psychologue
Emilien Baglio – D’autres Mondes, forum social à la liégeoise
Juliette Beghin – Criminologue ULB
Jean-Louis Berwart – Avocat
Mathieu Bietlot – Société belge des amis d’Aragon
Francis Bismans – Professeur de sciences économiques à l’Université de Nancy2, secrétaire général du Mouvement socialiste
Gueric Bosmans - Fédération bruxelloise des jeunes socialistes
Yannick Bovy – Journaliste
Gwenaël Breës – Journaliste et vidéaste
Didier Brissa - www.missurecoute.be, Une Autre gauche
Maia Chauvier – Comédienne
Claude Debrulle – Juriste et échevin d’Ittre
Didier de Laveleye – Anthropologue
Céline Delforge – Député régionale Ecolo
Chris Den Hond - Reporter, LCR
Vincent De Raeve – Accompagnateur syndical FGTB, écrivain
Freddy Dewille - Conseiller communal du groupe Gauche Anderlues
Didier Dirix – Secrétaire régional Enseignement, FGTB-CGSP Liège
Paul-Emile Dupret - Juriste, GUE/NGL, Parlement européen
Pascal Durand - Professeur à l’ULG
Séverine Dusollier - Professeur FUNDP (Namur)
Julien Dohet – Historien du mouvement ouvrier
Pierre Eyben - Secrétaire politique de la Fédération de Liège du PC
Oscar Flores – CRER
Pascale Fonteneau – Ecrivain
Cristina Gay - Co-porte-parole Une Autre Gauche
Jean Flinker - Membre du CLEA
Pierre Galand - Professeur ULB
Michèle Gilkinet – Présidente de GRAPPE (Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique)
Corinne Gobin - Directrice du GRAID, ULB
José Gotovitch - Historien, chargé de cours honoraire en Histoire ULB
Eric Grandjean – Enseignant
Michel Grétry - Journaliste RTBF
Daniel Hélin – Chanteur
Bernard Hengchen – Maître assistant à la Haute Ecole Charleroi Europe, éditeur de la revue Travailler le social
Francis Houart - LCR-Bruxelles, membre d’ATTAC
Denis Horman - LCR
Marc Jacquemain - ULG
Thierry Jacques - Président du MOC
David Jamar - Chercheur ULB
Jean-Jacques Jespers – journaliste, chargé de cours à l’ULB
Catherine Kestelyn – Déléguées syndicale SETCa Bruxelles
Bahar Kimyongür – Inculpé du procès DHKP-C
Jean-Marie Klinkenberg - Professeur à l’ULG
David Lannoy - Jeunes FGTB
Pierre Lannoy – Chargé de cours ULB
Catherine Lemaître - Conseillère communale Ecolo bruxelles
Arnaud Levêque - Permanent FGTB namur
Cédric Libert - Membre du secrétariat de la Fédération bruxelloise des jeunes socialistes
Karim Majoros - Militant Ecolo
Francis Martens - Psychanalyste
Philippe Mary - Professeur ULB
Gregory Marzec - Secrétaire Centrale-génarale FGTB Charleroi
Jacky Morael - Ancien secrétaire fédéral d’Ecolo, Ministre d’Etat
Anne Morelli - Professeure à l’ULB
Carla Nagels – ULB
Christine Pagnoulle - Chargée de cours à l’Université de Liège, membre d’ATTAC-Liège
Jorge Palma – Chercheur ULG
Jean-Claude Paye - Sociologue
Julien Pieret – Juriste ULB
Jean-François Pontégnie - Co-porte-parole Une Autre Gauche
Yke Raxola - Musicien
Michel Recloux – Bibliothécaire
Nadine Rosa-Rosso – Enseignante et auteur
Yannick Samzun – Secrétaire général du PAC
François Schreuer – Journaliste
Claire Scohier – Criminologue ULB
Miguel Oliveira Silva - Permanent Interprofessionnel FGTB Sud-Hainaut
Olivier Starquit – Militant associatif
Maxime Steinberg – Historien
Isabelle Stengers – Philosophe, ULB
Annick Stevens – Philosophe
Michel Sylin – Chargé de cours ULB
Edgar Szoc – Chercheur
Olivier Taymans - Journaliste
Lise Thiry - Sénatrice honoraire
Cedric Tolley - Sociologue
Nathalie Trussart - ULB
Julien Uyttebroek – Historien et journaliste
Philippe Uyttebroek – Délégué syndical, président CGSP enseignement – régionale de Bruxelles
Dan Van Raemdonck - Professeur ULB et VUB
David Vercauteren – Groupe de Recherche et de Formation Autonomes (GReFA)
Grégoire Wallenborn – Chercheur ULB
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June 28th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 12 Comments |
in Le Soir
Je suis journaliste. Mais ce n’est pas pour ça que j’écris aujourd’hui. Ce texte est mon témoignage. Quelque chose d’immense et d’effrayant m’est arrivé, il y a plus d’une semaine.
C’était jeudi. Le 5 juin, c’est l’anniversaire de mon compagnon. A 5h00 du matin, on frappe à la porte. Je dormais encore, je m’habille vite, ça a l’air important. Lorsque j’ouvre, je vois des policiers dans la cage d’escalier. Il y en a beaucoup. Je pense à un cambriolage. On me dit que c’est pour une perquisition. Chez moi ? « Vous venez chez moi ? » je dis. Oui. Je leur demande pourquoi. « On ne sait pas. On a juste un mandat. » Ils entrent. « Vous êtes seule ? Vous êtes sûres ? » Ils sont 6 ou 7. Ce n’est pas normal. « Que ce passe-t-il ? » je dis. Sur le papier, il y a écrit « terrorisme », « urgence ». « Vous êtes privée de liberté, madame. » On ne réalise rien à ce moment-là. On ne comprend simplement pas les mots. La tête tourne. Ils fouillent. Tout. La cuisine, la salle de bain, mes vêtements, mes livres. Ils mettent des choses de côté, ils disent « on saisit ». ça dure 3 heures. Ils prennent les ordinateurs, des affiches, des livres, un bouquin en arabe. Je leur dit « je dois aller au travail. » « Je ne pense pas que ce soit possible. » Je voudrais téléphoner, mon GSM est déjà saisi. Mon équipe attendra à Reyers, mon compagnon aussi, je ne verrai pas mon frère qui prépare un voyage de plus d’un an en Espagne et au Mali. Personne ne saura où je suis aujourd’hui.
« Au bureau » comme ils disent, c’est l’interrogatoire. Des questions sur mon nom, mon âge, mon loyer, mon numéro de carte de banque, mes opinions politiques, mes amis. Des heures passent, je commence à trembler. Aux questions auxquelles je réponds « je ne sais pas », ils insistent. Avant de comprendre ce qu’ils veulent. Le choc se diffuse lentement, à chaque question. C’est l’après-midi. J’aperçois des hommes cagoulés, armés. Ils viendront me chercher. Il doit être 17 ou 18 heures. Je suis menottée, attachée par une corde que tiennent deux hommes. Je suis masquée, je ne peux rien voir. Trajet en voiture. Sirènes hurlantes, escorte. Arrivée au Palais de Justice. Des couloirs, des ascenseurs, je ne vois rien. On s’arrête. Un homme m’enlève les menottes, mains sur la tête ; un autre, le masque. Je suis face à un mur gris. Une porte se ferme. Je n’ai vu personne. Je n’ai rien vu à part cette porte grise qui s’est fermée, grise comme les murs, comme le rebord en béton. Les murs lisses, affreusement lisses. Il n’y a aucune ouverture. J’ai l’impression d’étouffer. Envie de taper sur ces murs lisses. Je ne dois pas pleurer. Personne ne m’a dit un mot. J’attends. Des heures. 20h ? 22h ? Interrogatoire chez la juge d’instruction. « Vous n’avez pas tout dit ». Un cauchemar qui se poursuit. Je ne sais pas où j’ai mal. Ça va s’arrêter, j’en suis sûre. Je pleure quand elle parle de ma famille. C’en est trop.
A nouveau le cachot. Ma tête est raide. Je m’allonge sur le rebord en béton. Quelle heure est-il ? Est-ce que le temps s’allonge ou se rétrécit ? On reviendra me chercher. Chez la juge, dans ce bureau allumé au fond d’un couloir. « J’ai hésité » elle dit. Alors je sais. Sur mon mandat d’arrêt, il est 2h30.
C’était il y a une semaine et quatre jours. Beaucoup de choses à dire sur le mandat d’arrêt, sur l’inculpation, sur les méthodes.
Des méthodes de cowboys, des interrogatoires où on renverse la charge de la preuve. On m’a épié, surveillée, mise sur écoute, analysé mes comptes bancaires et mon écriture, depuis plus d’un an. Attendait-on de moi que je conforte une hypothèse de départ ? Que je donne des noms qui alimenteraient leur idée ? Leur enquête est restée désespérément vide. Est-ce pour cela que je suis en prison ? Sommes-nous là parce qu’il DOIT y avoir quelque chose ? Il suffirait alors de bien peu : d’affirmer des solidarités, d’avoir des idées politiques. Je l’ai entendu à notre charge, ces idées politiques ont été présentées comme en soi terroristes !
Je n’ai jamais caché mon engagement. Il est public, libre et réfléchi. Défendre des étudiants, des sans-papiers, des prisonniers politiques, se battre pour un monde plus juste, ce ne sont pas des engagements dont on doit avoir honte. Si je n’avais pas été ici, j’aurais été devant ces prisons, j’aurais écrit des communiqués, j’aurais contacté des associations.
La souffrance de ma mère et de mes frères, la solitude de mon compagnon, la tristesse de mes amis, l’incompréhension sur mon lieu de travail, la privation de liberté de quatre militants, la criminalisation de la solidarité, sont-ils des prix à payer ?
Wahoub
Prison de Berkendael
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June 17th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 7 Comments |
Revoir les lois anti-terroristes avant qu’il ne soit trop tard…
La toute récente vague d’arrestations opérée en Belgique pour « participation aux activités d’une organisation terroriste » nous pose fortement question.
Disons-le tout net afin d’éviter tout malentendu, il n’est nullement question dans ce communiqué d’apporter un soutien inconditionnel à une organisation ou à ses membres.
Nous ne nous sentons particulièrement proche ni de leurs combats et certainement pas de leurs méthodes. Mais nous considérons qu’il pourrait s’agir ici d’une étape supplémentaire dans la remise en cause de notre Etat de droit, par l’utilisation faite par l’Etat belge des « lois anti-terroristes » et des « méthodes particulières de recherche ».
Le souvenir des actions des CCC et des années de plomb, agité à profusion par la majorité des médias, ne peut nous éloigner d’une analyse sereine de la situation. Si on « dépassionne » le débat, nous constatons surtout que nous ne savons rien ou presque. Le Parquet fédéral se retranche derrière la « menace terroriste » pour entourer cette affaire d’un voile opaque.
Nous ne pouvons nous empêcher de penser aux antécédents du Parquet fédéral en matière de « terrorisme ». Ce prétexte de la « lutte contre le terrorisme » a déjà été utilisé contre Bahar Kimyongür ou contre des militants de Greenpeace… Demain, à qui le tour ?
A l’instar du Comité de vigilance en matière de lutte contre le terrorisme (Comité T), nous nous inquiétons du fait que « (…) sous couvert de lutte contre le terrorisme, certains Etats ont accentué la répression contre certaines formes d’opposition. Ils sont aidés en cela par le caractère sciemment vague de la définition du terrorisme, qui permet de criminaliser certains mouvements sociaux. ».
Chacun de nous est potentiellement concerné et c’est ensemble que nous devons exiger la révision immédiate de cette législation anti-terroriste et la mise sur pied d’un groupe de travail au sein du Parlement fédéral entre les pouvoirs publics et les associations de défense des droits humains visant à recadrer le débat et à rédiger un texte de loi ne faisant pas fi des libertés individuelles et de la liberté d’expression.
Aujourd’hui, s’il s’avère que des personnes ont été incarcérées sur base de ces seuls « délits d’opinion », alors nous demandons urgemment que la justice belge les réhabilite publiquement et que l’Etat belge change immédiatement sa législation liberticide.
Enfin, nous demandons au Parquet fédéral de faire preuve d’une transparence totale dans l’affaire traitée actuellement ainsi que dans toutes les affaires tombant sous le coup de la « loi antiterroriste » afin de sortir de ce climat de peur créé au sein de la population.
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June 12th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 17 Comments |
Ca fait plusieurs années que je m’inquiète pour nos libertés fondamentales et, particulièrement celles d’opinion et d’expression.
Fin des années 90, ça a été d’abord ces étudiants et professeurs liégeois jugés pour avoir écrit sur le sol, à la peinture à eau, des slogans lors des grèves de 1995.
Puis, ça a été Clabecq et le recours à une loi de la fin des années 1800 qui disait, en substance, que tout ceux qui disaient des choses qui pourraient amener des gens a commettre des actes délictueux seraient aussi coupables que ceux qui ont commis des actes délictueux.
Après, ça a été Bahar et le procès du DHKPC.
Puis le tag de Thierry.
Puis l’alerte au terrorisme sur Bruxelles (tiens, elle est toujours effective ou pas? Faudra que je demande…).
Aujourd’hui, c’est le Secours Rouge. Des dizaines de perquisition et quatre personne sous mandat d’arrêt pour “participation aux activités d’une organisation terroriste”.
La journaliste a passé sa première nuit en prison.
Et je m’inquiète, oui, je m’inquiète. Je ne suis d’ailleurs pas la seule.
Je me dis que le coup est bien joué. Evidemment, le lien avec les CCC, ça renforce l’option “terrorisme” auprès de la population. Je me dis aussi que la RTBF est bien pleutre. Assurer dans tous ses billets d’infos que l’arrestation d’un membre de sa rédaction ne concerne que des éléments de sa vie privée, sans se poser une seule fois la question du bien fondé de cette arrestation.
Moi je me la pose. Et je n’en ai pas dormi.
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June 6th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 51 Comments |
Quand j’étais en primaire, Madame Bury, ma prof de morale, avait une affiche juste au-dessus de son tableau:
Quand ils sont venus arrêter un juif
Je me suis dit : “un juif de plus ou de moins, il n’y a pas de quoi s’inquiéter”.
Quand ils sont venus arrêter un catholique
Je me suis dit : “un catholique de plus ou de moins, il n’y a pas de quoi s’inquiéter”.
Quand ils sont venus arrêter un communiste
Je me suis dit : “un communiste de plus ou de moins, il n’y a pas de quoi s’inquiéter”.
Quand ils sont venus m’arrêter
Il n’y avait plus personne pour s’inquiéter.
En fait, cette affiche, je me rends compte que c’est une des pierres angulaires de mon engagement politique.
Et aujourd’hui plus que jamais.
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June 5th, 2008
Categories: Police partout... | Author: cAt | Comments: 3 Comments |
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